Des "murs" de mangroves pour protéger les côtes haïtiennes

Haiti
Il y a 13 ans, l’agronome Obéi Dolcé s’est transformé en ardent défenseur de la plantations de mangroves en Haïti, en particulier dans le Nord du pays. Photo: PNUD en Haïti

En 2002, Obéi Dolcé, agronome de  profession, a constaté que la coupe continue des mangroves sur les côtes nord d’Haïti avait entraîné la disparition de milliers d’oiseaux, de poissons et de crabes, mais aussi que la salinisation des sols atteints par la mer rendait les terres impropres à certaines cultures.

Il s’est depuis transformé en ardent partisan de la plantation de mangroves pour protéger les côtes :

A retenir

  • Le projet renforce les capacités d’adaptation des communautés côtières au changement climatique
  • Près de 30 kilomètres de mangroves ont été plantés sur les côtes de Derac et offrent déjà plus de poisson et de fruits de mer.
  • Plus de 180 représentants d’associations de pêcheurs et d’agriculteurs ont été formés et certifiés à sensibiliser leurs groupes
  • Une étude menée par le PNUD estime le coût de l’inaction à 3 milliards de dollars

 « Mes débuts ont été difficiles. Les pêcheurs et planteurs étaient conscients de l’impact de la coupe des mangroves mais se trouvaient dans la nécessité de continuer à les couper, ne disposant pas d’autres ressources », se rappelle Obéi.

Avec l’appui du projet de renforcement des capacités d’adaptation face au changement climatique du PNUD, l’agronome a mis en place plusieurs initiatives destinées à détourner pêcheurs et planteurs de la coupe effrénée des mangroves.

A Derac, l'un des principaux départements de production de charbon d’Haïti, la seule forêt énergétique du pays a été créée sur une superficie de 30 hectares. Dans les cinq prochaines années cette forêt offrira du bois de qualité pour la production d’énergie sans impacter négativement l’espace boisé ou les mangroves. « Avec cette forêt, nous avons la garantie que les mangroves ne seront plus attaquées. Le charbon de bois pourra être produit de façon intelligente tout en respectant la protection de l’environnement et de la biodiversité », soutient Obéi.

L’appui du PNUD a aussi permis de mettre en place des pépinières de mangroves adaptées aux exigences de la région tout en renforçant les capacités des communautés.  « Les résultats sont déjà visibles »  dit Obéi. Près de 30 kilomètres de mangroves ont été plantés et les côtes de Derac offrent aujourd’hui plus de poisson et de fruits de mer.

L’agronome appuie également les fermiers dans leur lutte contre le charançon de la patate douce et les aide à lancer l’apiculture. «  C’est ainsi que je continuerai à protéger mon pays tout en produisant de la richesse grâce aux ressources naturelles », promet-il.

La systématisation de ces initiatives et l’élaboration d’un guide de gestion de mangroves est prévue pour la prochaine étape du projet. Par ailleurs, 180 représentants d’associations de pêcheurs et d’agriculteurs ont été formés et certifiés sur l’impact des changements climatiques et les mesures d’adaptation à adopter, et ont pour mission de vulgariser ces informations dans leurs groupes.

Formation en évaluation environnementale

Le projet s’adresse aussi aux institutions pour améliorer les capacités et intégrer la gestion des risques climatiques aux politiques d’investissement dans les zones côtières.  Un système national d’évaluations environnementales est sur le point d’être lancé, qui assurera  la prise en compte des normes et bonnes pratiques environnementales et sociales dans la planification et la mise en œuvre des programmes, plans et politiques initiés dans le pays.

C’est dans cette optique que le PNUD, en partenariat l’Institut de la Francophonie pour le Développement Durable, a formé plus d’une centaine de cadres haïtiens en évaluation environnementale. Cette formation amène décideurs et gestionnaires de projets à mieux prendre conscience et à gérer les impacts tant positifs que négatifs de leurs initiatives sur les ressources naturelles et les groupes sociaux affectés. Une trentaine d’enseignants universitaires, dont 20% de femmes, et une quarantaine de cadres de la fonction publique ont aussi à charge de multiplier le pool de compétences techniques dans le domaine.

Parmi les autres réalisations du PNUD, une étude des coûts de l’impact du changement climatique en Haïti révèle que l’adaptation nécessiterait 261 millions de dollars US jusqu’en 2025, soit une économie de 1 milliard 500 millions par rapport au coût de l’inaction, estimé à 3 milliards de dollars.

Pour Louis Joseph Olivier, l’un des 60 professionnels de la presse ayant pris part à un atelier du PNUD pour informer et mobiliser les medias autour de la problématique des changements climatiques , le thème est « encore plus crucial pour les journalistes par rapport à leur mission de sensibilisation de la population et leur rôle de diffusion de messages sur les meilleurs comportements à adopter en temps normal ou de crise par rapport à ces changements ».  

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